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Révolution Bolivarienne


Fred Jacquemot

Comment vivre sans inconnu devant soi? René Char Caracas oct/nov 2002 Mexique, Venezuela, Argentine : la révolte sociale gronde. Les communautés indiennes du Chiapas, les pauvres du Venezuela, les piqueteros argentins se soulèvent… Au Venezuela l’oligarchie soutenue par le secteur le plus aisé des classes moyennes déclanchait il y a un an un lock-out patronal et un sabotage pétrolier de deux mois, qui allait coûter au pays plusieurs milliards de dollars. Cette tentative de déstabilisation suivait de quelques mois l’organisation d’un coup d’Etat contre le président Hugo Chavez, mis en déroute par les mobilisations de la population et d’une partie de l’armée. Après avoir tenté à deux reprises de renverser ce président démocratiquement élu, l’opposition cherche aujourd’hui à le contraindre à la démission en organisant un « référendum révocatoire » contre lui, une procédure prévue par la Constitution. Les mesures sociales décidées par le gouvernement ont attisé la haine des grands propriétaires fonciers. La première mesure prise par le pouvoir issu du coup d’Etat du 11 avril 2002-impulsé directement par l’organisation patronale-fut d’annuler la loi sur les terres. La campagne d’alphabétisation fait aussi grincer des dents tant le mépris et l’arrogance sont enracinés dans des classes dominantes corrompues par la rente pétrolière. C’est sous la direction du parti social-démocrate Accion Democràtica que la corruption atteignit des proportions inédites. Son principal dirigeant, Carlos Andres Perez, élu Président en 1989, allait être suspendu en 1993 pour malversations, puis emprisonné quelques semaines. C’est ainsi que s’explique l’identification massive des pauvres avec la révolution bolivarienne, synonyme d’indépendance et de justice sociale, symbole de résistance à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA ou ALCA). Janette Habel (REGARDS-Janvier 2004)



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